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Article paru sur Online Massalia le 7 septembre 2006, par Canaille, Marius
Un escalier ça se monte ou ça se descend, mais l’escalier de la gare St Charles mérite un tout autre regard.
Marius a le plaisir de vous inviter à découvrir une curiosité de Marseille. L’escalier monumental de la gare St Charles est un chef d’oeuvre.
1847 : le percement du tunnel de la Nerthe permet au train d’arriver à Marseille. Plus grand tunnel de l’époque avec 4 638m de long, réalisé par l’ingénieur Paulin Talabot [1]
Jusqu’à cette date les convois circulaient entre Pas de Lanciers et Rognonas et des diligences faisaient la correspondance.
La gare St Charles fut construite sur l’emplacement du cimetière St Charles, elle fut inaugurée le 8 janvier 1848 sous une pluie battante par Mgr de Mazenod, l’archevêque de Marseille. Le lendemain, 21 wagons tractés par deux locomotives sous la conduite de l’ingénieur Paulin Talabot, quittaient la gare pour la Crau enneigée.
St Charles était le terminus du chemin de fer qui venait d’Avignon. Il faudra attendre 10 ans pour voir son prolongement jusqu’à Toulon. Pour complément, PLM construisit la Gare du Prado et le raccord ferroviaire eut lieu le 15 octobre 1877. La ligne Marseille-Aix-en-Provence sera mise en service à la fin de 1877. Une première gare a vu le jour entre 1845 et 1852 sous la conduite de l’ingénieur Talabot. La façade monumentale actuelle date de 1893, modernisation conduite par l’architecte Pangaud.
Pendant la 2e guerre, elle fut bombardée le 27 mai 1944, la restauration prit deux ans en 1945.
Afin de recevoir les services administratifs, un additif, que les marseillais nomment « le camembert », fut ajouté entre 1981 et 1984 au-dessus de l’entrée de la gare côté Université.
En 1983, le métro et un parking complétèrent ces réalisations.
Depuis 2000 de grands travaux sont en cours pour modifier les accès de la gare St Charles et tout le quartier. Euroméditerranée est le maître d’oeuvre de cette révolution architecturale qui devrait durer jusqu’en 2015.
Historique de l’escalier monumental
Les bâtiments du Petit Séminaire séparaient la gare du boulevard d’Athènes. A l’extrémité nord ce cette artère, depuis 1857, la statue de la Vierge Dorée trônait à l’entrée de la propriété. Elle a été transférée en 1922 au Bd Voltaire.
L’Etat achète le Petit Séminaire en 1903 pour en faire une crèche départementale qui déménagea rapidement pour laisser les bâtiments vacants. D’autres sources citent le Petit Séminaire et l’école de Belsunce ou un pensionnat Villeneuve à cet emplacement.
La destruction du collège Belsunce sera effectué en deux tranches par Blanc et Descollas puis par l’entreprise de Démolition Joseph Jordan 143 rue d’Endoume.
L’idée de tout raser, pour créer un escalier monumental, germe vite. Un concours est lancé. D’après une note de la "Revue Municipale n°136 du 2e trimestre 1984, le concours est réservé aux architectes français résidant à Marseille. Le montant des travaux pour l’aménagement de cet escalier est de 4 MF, financé par un emprunt de la Ville de Marseille et d’une surtaxe sur les billets du PLM.
Les travaux d’embellissement représenteront 14% de la dépense totale.
Le projet de Eugène Senès [2] et Léon Arnal [3] est retenu le 3 août 1911.
Hélàs, la guerre éclate, le projet sera repris en 1919. L’exposition coloniale de 1922 serait-elle l’occasion de l’inaugurer ?
Mais entre le projet et le démarrage des travaux ... la 1ere pierre ne sera posée que le 17 juillet 1923 ; suivent deux ans de travaux.
L’ouvrage de l’escalier sera donc signé Eugène Senès et Léon Arnal.
La palissade de protection qui fut édifiée pendant la destruction du collège puis reconstruite pendant les travaux fut l’oeuvre de l’Entreprise L. Gérin Ainé, 26 place d’Aix à Marseille. Elle traita l’opération dont l’Agence Nationale d’Affichage rue Haxo à Marseille, fut adjudicataire.
Principales entreprises :
- maçonnerie : Caillol Marius, 30 bd de Louvain à Marseille ;
- électicité lampadaire en fonte : A.Rebuffat et P. Olive, 9 rue d’Italie à Marseille ;
- serrurerie/ferronnerie : Henri Carrera, 155 rue Breteuil à Marseille [4] ;
- fonderie : Rudier Eugène François, 45 rue de Saintonge à Paris ;
- peinture : Louis Pignatel, 10 rue Lafon à Marseille ;
- les forges d’Alais [5]
L’ensemble des factures est classé aux Archives Municipales. Cet organisme est remarquablement installé dans la friche de la Belle de Mai. Un service de consigne automatique vous permet de laisser téléphone portable et sacs, vous êtes reçus par une hôtesse dans l’entrée de la grande salle de lecture, attenante à une salle pour lecture de micro-fiches. Instructif de lire les factures et les correspondances des architectes pour relancer une entreprise en retard ou contestataire sur l’évolution des prix ou pour demander à la compagnie des tramways d’enlever l’abri-bus et deux poteaux qui bloquent l’avancée des travaux.
C’est à NOEL 1925, plus exactement le 22 décembre qu’une première inauguration avant l’achèvement des travaux eut lieu et que les premiers voyageurs empruntèrent le bel escalier.
Ce sont les sculpteurs Auguste Carli [6] , Louis-François Carli [7] , Louis Botinelly [8] , Ary Bitter [9] , Martin [10] , Henri Reybaud [11] , Annoy [12] , Eichacker [13] , Suau [14] et Gosselin [15] qui réalisent les travaux d’ornementation.
Le 24 avril 1927, le Pdt de la République Gaston Doumergue [16] , aux côtés du Sénateur-Maire de Marseille, le docteur Siméon Flaissières [17] , de André Tardieu [18] , ministre des Travaux Publics, du Préfêt Delfini [19] , inaugura officiellement l’escalier et ensuite le Monument aux Morts d’Orient ( uvre de Gaston Castel [20] ) et le lendemain le Canal du Rove (oeuvre de Paulin Talabot).
Caractéristiques de l’ouvrage :
- Haut de 15,53 m avec 104 marches coupée de 7 paliers ;
- Poids des métaux : 203 T d’acier, 2,6 T de boulons et rivets et 16,6 T de fonte ;
- des factures, classées aux Archives Municipales, de l’entreprise Caillol, indiquent les poids des pierres transportées par SNCF :
- gare de Cassis 307 T pierre de Cassis ;
- gare de Font St Mamert 1 899 T pierre de Lens ;
- gare de Hautecourt-Romaneche (01) 445 T de pierre de Villereversure (Villette-Ain). Les marches de l’escalier proprement dit seront en pierre dure 1er choix de Villereversure et les marches des escaliers des abords en pierre de Cassis ;
- 69 T marbre de Carrare.
- d’autres sources citent aussi des pierres en provenance des carrières de Thoiry 01. [21]
- Le contrôle et la réception des travaux sont de la compétence des bureaux Véritas, 22 rue Colbert à Marseille.
En 1983 le métro et un parking complétèrent ces réalisations.
Sources :
- le livre de Pierre Gallocher « Marseille zig zags dans le passé » P.Tacussel éditeur ;
- Dictionnaire des peintres et sculpteurs de PACA de André Alauzen, Ed Jeanne Laffitte, 1986 ;
- Archives municipales de Marseille (10 rue Clovis Hugues) pour les consultations des revues de Marseille, des microfiches des listes électorales et des actes de naissance ;
- L’escalier monumental de la gare par Emile Isnard (revue municipale : domaine communal, tome IV) ;
- Chroniques de Jean Contrucci publiées dans Le Provençal, Ed Autres Temps 1994 ;
- Anne-Laure RAUCH, Assistante Tourisme Culturel et Urbain Ville de Marseille ;
- Atelier du Patrimoine de la Ville de Marseille ;
- dictionnaire historique des rues de Marseille, Adrien Blès (ED J. Laffitte) ;
- Gaston Castel, architecte marseillais / Musée d’histoire de Marseille B.Biblio. Éditeur : Aix-en-Provence : Edisud Marseille : Musées de Marseille, 1988 ( 46-Cahors : Impr. Tardy Quercy [*2 doc.]
- contributions de Madame Jeanne Mouriès, Messieurs René Roussellier, Fernand Brunet, Henri Carrera.
3 places pour le 26, film réalisé par Jacques Demy en 1988 ;
D’autres films où on voit l’escalier de la gare ou seulement la gare St Charles :
- Le Professionnel (avec Jean-Paul Belmondo), réalisé par Georges Lautner en 1981 ;
- Angèle, réalisé par Marcel Pagnom en 1934 ;
- La Gloire de mon père, réalisé par Yves Robert en 1990 ;
- The French Connection, réalisé par William Friedkin en 1971.
Les photos d’archive nous ont été remises gracieusement par Monsieur Henri Carrera, qu’il en soit remercié vivement.
Notes :
[1] TALABOT Paulin (1799 - 1885)
Né à Limoges le 18 Aout 1799, famille haute bourgeoisie limousine, école Polytechnique à 18 ans, ingénieur Ponts et Chaussées. Réalisa une étude sur le percement du canal de Suez en 1847, conduisit différents travaux sur le réeau ferré, signa la fusion des réseaux Lyon-Marseille et Lyon-Paris et devint le 1er directeur du PLM. Il prit une part considérable à la construction des imeubles du port de la Joliette « les Docks » avec jonction au réseau ferré (1854-64), député du Gard. Après une anesthésie, il devint aveugle. Il décède à 86 ans le 21 mars 1885.
Une rue du quartier Arenc de Marseille porte son nom ainsi qu’une place dans le 8e et une avenue dans son quartier du Roucas Blanc où il avait construit un château.
Un site sur Paulin Talabot
[2] SENES Eugène (1875 - 1960)
École des Beaux-arts, élève de Raulin et Vaudremer. A partir de 1895 il est inspecteur des travaux de Magne. Concours de 1905. Il est chargé de l’Isère, de la Drôme, des Basses- et Hautes-Alpes. En 1919 il est mis en disponibilité. Il s’est attaché plus particulièrement à la restauration de la Grande Chartreuse. Architecte en chef de la ville de Marseille, il est l’auteur du grand escalier de la gare Saint-Charles.
[3] ARNAL Léon Eugène (1880 - 1963)
Né en France à Mouret le 14 juin 1880, décède à Minneapolis (USA) le 23 février 1963.
Il fréquente l’Ecole des Beaux Arts de Marseille 1896-99, puis celle de Paris où il reçoit le 1er prix en architecture en 1910 section Atelier Bernier ; maître-assistant-professeur de l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie 1911-14 puis professeur en architecture à l’Université du Minnesota à Minneapolis 1914-48. http://special.lib.unm.edu/findaid/html/mss/nwaa0004.html
[4] Henri Carrera Père et Fils, maison fondée en 1847, actuellement gérée par le fils. Seule entreprise, ayant travaillé sur l’escalier et encore en activité en 2006. Les bureaux étaient, à l’époque, au 26 rue de la Palud. L’atelier est toujours situé en haut de la rue Breteuil. L’entreprise Carrera a réalisé les rampes et les mains courantes de l’escalier. L’entreprise se fournissait soit aux Acieries de Longwy, soit à Descours et Cabaud, rue de Forbin à Marseille.
Monsieur Carrera a bien voulu nous recevoir dans son atelier. Il nous a parlé longuement de l’amour de son travail et de ses réalisations que nous avons pu voir en photos :
- la marquise de la Bibliothèque Alcazar ;
- la porte de la Préfecture du hall d’Honneur ;
- la porte du Tribunal de Commerce ;
- la porte de l’EDF à la rue Roux de Brignoles ;
- la porte du tri postal à la gare St Charles ;
- les fenêtres de la clinique de Marignane ;
- les fenêtres du batiment administratif de la raffinerie Esso à Fos-sur-Mer ;
- le grand portail de l’usine du barrage de Serre-Ponçon et les grillages de protection ;
- la porte de l’Ecole de L’Air à Salon ;
- les garde-corps de la galerie à l’étage et les fenêtres du Grand Palais de la Foire de Marseille ;
- la marquise des Dames de France, aujourd’hui Galeries Lafayette rue St Férréol à Marseille ;
- les fenêtres et portes de l’hypermarché Casino de la Plage à Marseille ;
- les rampes en aluminium de bâteaux construits à la Seyne ;
- et tant d’autres fenêtres ou portes en alu d’immeubles.
La visite s’est terminée par ce qui peut être considéré comme son trésor : les serrures de grande taille. D’ailleurs, Monsieur Carrera se dit, avant tout, serrurier, nous pouvons ajouter "serrurier d’art".
[5] Les forges d’Alais :
Elles fournissent la structure et la charpente métallique de l’escalier. Information communiquée par Mr René Roussellier, petit-fils de Justin Crespon qui était l’agent général des Mines de charbon de Trélys et de la manufacture des forges d’Alais (ville qui se nomme maintenant Alès dans le Gard). Cette même entreprise livra, aussi, le tablier du pont du Cours Lieutaud 6e arrdt.
[6] CARLI Auguste Honoré (1868 - 1930)
Sculpteur né à Marseille le 2 juillet, fréquente l’Ecole des Beaux Arts de Marseille puis de Paris, 2e Gd Prix de Rome de sculpture. Il ouvre un atelier à Marseille 6 rue Jean Roque 1er arrdt. Il exécute de nombreuses sculptures (à Marseille « la douleur » tombe de Gaby Deslys au cimetière St Pierre, « le commerce et l’industrie » et les sculptures à l’entrée des tunnels et des figures des pylones de l’escalier de la gare St Charles. Il décède à Marseille le 21 janvier 1930.
Une place du 1e arrdt de Marseille porte son nom (anciennement pl de la Bibliothèque)
[7] CARLI Louis-François (11.4.1872 - 19.12.1957)
Sculpteur né à Marseille, Médaille au Salon des Artistes Français, professeur Ecole des Beaux Arts de Marseille, a réalisé des travaux sur les escaliers de la gare ST Charles
[8] BOTINELLY Louis, Marcel (1883 - 1962)
Sculpteur né à Digne (05) le 26 janvier. D’un père tailleur de pierres originaire du Tessin (Suisse), il fréquente l’ Ecole des Beaux Arts de Marseille. Après avoir créé un atelier à Marseille, il monte à Paris. Il reviendra à Marseille ouvrir un atelier au 14 rue Buffon 4e arrdt. Il décède le 28 mars 1962 et sera enterré au cimetière de Plan de Cuques.
Il exécute de nombreuses sculptures (la Pieta à Montmartre, les 4 statues de 7 m de hauteur à Santiago du Chili, un monument à la gloire de Puget à l’Ile de Bendor 83 et à Marseille la Jeanne d’Arc devant l’église des Réformés en haut de la Canebière, « le dresseur d’ourson » à la place St Laurent 2e arrdt et « les Colonies » sur l’escalier de la gare St Charles).
Une rue du 4e arrdt de Marseille porte son nom (anciennement bd du chemin de fer).
[9] BITTER Ary Jean Léon (1883 - 1973)
Sculpteur né à Marseille le 29 mai 1883,domicilié à Paris, décès à Paris le 14 juin 1973 ; Ecole des Beaux Arts de Marseille puis Ecole Nationale des Beaux Arts ; il obtient le prix Chenavard. Il travaille aussi bien la pierre que le bronze ou la terre cuite.
Il exécute à Marseille les deux lions sur l’escalier de la gare St Charles. Il réalise des monuments aux Morts pour les cimetières de St Jérôme et de St Louis ainsi que des sculptures pour le cimetière de Sanary 83 et de Cambo-les-Bains 64.
[10] MARTIN Henri ou André ( )
Sculpteur né à Marseille
Professeur à l’école des Beaux Arts à Marseille, réalise six grands cartouches sur frise du soubassement et les écussons des villes du département, ainsi que l’ornementation des pylônes de l’escalier de la gare St Charles. Il est considéré comme le bras droit de Carli.
[11] REYBAUD ou RAYBAUD Henri Charles
Sculpteur né à Marseille en 1871, décédé ?
Elève boursier à Paris de l’Ecole Nationale des Beaux Arts.
Il exécute de nombreuses sculptures à Marseille.
Sur l’escalier de la gare St Charles,six motifs en bronze, représentant les produits de Provence (fleurs, fruits, peche, chasse, moisson, vendanges), des hauts reliefs de l’escalier de l’Opéra de Marseille 1923, monuments aux morts d’Aubagne 1922, des Cadeneaux 1921 en collaboration avec Gaston Castel. Il fut professeur à l’Ecole des Beaux Arts de Marseille.
[12] ANNOY ou ANNOI Alphonse Marius Fortuné (1876 - ? )
Sculpteur né à Marseille le 22 avril 1876.
Il réalise l’ornementation des socles des lions, des groupes des colonies et les vases sur l’escalier de la gare St Charles ; auteur du décor de façade du Palais de l’Automobile (Mattéi) au Prado en 1924-25.
[13] EICHACKER ou EISHAKER Oscar Edouard Jules (24.1.1881 - 23.6.1961)
Sculpteur né à Marseille, décède en se baignant.
élève de l’écolde des Beaux Arts de Marseille puis de Paris, il expose à Marseille en 1919, il réalise en 1924 pour le hall d’entrée de l’Opéra de Marseille la frise en pleine pierre, le monument Jean-Jaurès à Istres en 1932 et en 1951 le monument d’Henri Tasso, Maire de Marseille. Les vases d’amortissement en pierre de Lens sont son oeuvre sur l’escalier de la gare St Charles. Il réalisera des sculptures à l’Opéra de Marseille.
[14] SUAU Louis (6.5.1879 - ? )
Sculpteur né à Marseille
Il réalise les écussons sur les balustrades et les plaques d’inscription des pylônes sur l’escalier de la gare St Charles.
[15] GOSSELIN Eugène Joseph Marie ( 10.2.1884 - ? )
Sculpteur né à Marseille
Il exécute sur l’escalier de la gare les stalactites, les socles entre les balustrades, les vases et les enfants. Il réalisera des sculptures pour le château de Madrid à Neuilly.
[16] DOUMERGUE Gaston (1863 - 1937)
Né à Aigues-Vives 30,
Pdt du Conseil 1913, Pdt du Sénat 1923 et Pdt République 13.6.1924 pour 7 ans.
[17] Dr FLAISSIERES Siméon (25.3.1851 - 26.3.1931)
Né à Villeveyrac (34), décède à Marseille.
Sénateur-Maire de Marseille
Ce médecin (surnommé le médecin des pauvres)s’installe à Endoume en 1881, élu conseiller municipal en 1884, il devient en 1892 le premier maire socialiste de Marseille. Il sera sénateur en 1906 et 1912.
Durant ses 22 ans de règne tronçonnés en plusieurs segments, son nom reste attaché à l’exposition coloniale de 1922.
Très aimé par ces concitoyens, le Maire a reçu un cadeau original lors de cette inauguration. Le syndicat des pâtissiers avait fait exécuter une grande pièce montée à l’image de l’escalier. Après avoir remercié, le Maire demanda que ce cadeau soit remis aux enfants malades de l’hôpital.
[18] TARDIEU André, Pierre Gabriel (1876 - 1945)
né à Paris, ministre des Régions en 1920, puis ministre des Travaux Publics en 1923 et Pdt du Conseil en 1930.
[19] DELFINI Hilaire( )
Né à
Préfêt des BdRh du 30.1.1925 à 1930.
[20] CASTEL Gaston (1886 - 1971 )
Né à Pertuis le 1er août 1886, décède à Marseille le 7 février 1971, fils d’un entrepreneur en maçonnerie, premier élève de l’école d’architecture de Marseille, architecte en chef des Bouches du Rhone, 1922-1941
Il réalise avec Ebrard et Raymond la reconstruction en 1924 de l’Opéra de Marseille détruit en 1919 par le grand incendie ; 1927, sur la Corniche face au Vallon des Auffes le monument national aux Héros de l’Armée d’Orient ; 1931 la prison des Baumettes ; 1952 les immeubles de la rue de la Loge (derrière la Mairie), reconstruction du quartier détruit par les Allemands. L’architecte Fernand Pouillon associé à René EGGER réalisant les immeubles en facade du Vieux-Port.
1961 il succède à Eugène Castel à l’Académie de Marseille.
Une rue du 14e arrdt dans la ZAC de Saumaty de Marseille porte son nom.
[21] Mr Fernand BRUNET de Marseille nous précise :
Comme je vous l’avais promis, je vous rends compte des entretiens que j’ai pu avoir à Thoiry (15 km au nord-ouest de Genève). Nous sommes très amis avec la famille BOSSET, propriétaire des carrières de THOIRY. Leurs descendants m’ont confirmé que de tout temps, ils ont entendu que les pierres des escaliers de la gare St Charles venaient bien de leur carrière comme les escaliers du Palais de la Société des Nations à Genève devenu depuis l’ONU.
Au début du 20è siecle, les voies de chemin de fer n’étaient surement pas toutes posées et ce doit être par le Rhône que les pierres ont été transportées à Villereversure qui devait être la gare la plus proche en activité.
