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Article paru sur Online Massalia le 24 février 2003 par Marius
Je vous invite à une promenade dans un parc superbe.
Quel petit Marseillais n’a pas donné du pain aux canards du PARC BORELY ou circulé en vélo sur les allées que fréquentent un million de Marseillais et de touristes ?
Quelle belle histoire à vous raconter !
Les Borély, originaire du Queyras (Hautes Alpes), s’installent à Marseille fin du XVIe siècle et font fortune dans le négoce ; ils occuperont les plus hautes fonctions municipales.
Le château
Louis BORELY fait construire le château de 1755 à 1760.
Oeuvre de l’architecte parisien Marie-Joseph Peyre, projet modifié et réalisé par l’architecte Esprit Brun. Peintures intérieures de Louis Chaix.
Cette bastide, après être passée par héritage à la famille Panisse-Passis, est vendue à Paulin Talabot [1] qui la cède à la Ville de Marseille.
Le château devint musée de 1863 à 1989, pour abriter la collection d’objets égyptiens du docteur Clot-Bey [2] puis les céramiques grecques et étrusques de la collection Campana ; actuellement cadre d’expositions temporaires consacrées à la peinture provençale.
En 1860 la Ville achète 18 hectares attenant au domaine, afin de construire l’hippodrome. [3]
Le parc, public depuis 1860, fut créé par ALPHAND, ingénieur des Plantations de la Ville de Paris, il confia l’exécution de son projet à BARILLET-DESCHAMPS.
Ses allées, que traversent un jardin à la française dessiné en 1775 par EMBRY et un parc paysager du XIXe siècle, sont très appréciées pour les sorties du week-end en famille, le jogging et les balades en rollers. On peut admirer chaque été (début juillet) le talent des milliers de participants au mondial de pétanque « la Marseillaise ».
Les jets d’eau : ils mettent en valeur la beauté du jardin à la française, avec 2 hectares de parterres devant le bassin et la terrasse du château.
Le jardin botanique: Edouard-Marie HECKEL abrite les travaux de préparation des Espaces Verts de la Ville. Ce médecin, né à Toulon en 1843, est le fondateur de ce jardin botanique et fut l’organisateur de l’exposition coloniale de Marseille en 1906. Le Jardin Botanique fut ouvert en 1913 suite à l’acquisition par la Ville des terrains FOURNIER 14 000 M2 de la campagne Demandolx, situé à l’est du Parc Borély.
Le plan d’eau du Pavillon du Lac et ses canards attirent les enfants et les grands parents avec leur matériel photo ou vidéo.
Les boutiques de location de vélo sont toujours présentes à l’entrée du Parc. Les petits Marseillais du centre ville qui n’avait pas de vélo ont fait leurs premières chutes dans ces allées. Les « Ulysse », engins à quatre roues, promènent toujours les familles.
Un practice de golf avec restaurant est à découvrir par l’entrée Clot-Bey.
La cascade en rocaille, ouvrage monumental créé de toutes pièces lors de l’aménagement du parc vers 1860 a été choisie pour servir d’écrin en 1995, à une oeuvre originale de Jean-Michel Folon [4] « La fontaine aux oiseaux » : Un homme, ses oiseaux et son chat.
Cette sculpture-fontaine en bronze patiné vert- brun de 170 cm de haut, 60 cm de large pèse 120 kg.
JM Folon est particulièrement connu pour son leitmotiv graphique de génériques sur Antenne 2, des petits hommes volants qui saluaient, dans les années 1970, la fin des émissions de la seconde chaîne publique de télévision française.
LA CROIX KATCHKAR : 1992 la Ville d’EREVAN, capitale de l’Arménie offre un monument en tuf rose représentant une croix caractéristique du XIIIe siècle, symbole de la foi et de la civilisation de l’Arménie, premier royaume chrétien an 301. Cette croix magnifique est située entre la cascade et le château.
Diane chasseresse : bronze florentin du XVIIe siècle placé dans la roseraie.
Il représente la déesse romaine de la chasse, il marque l’entrée de la TESE. La tèse évoque des allées plantées spécialement pour la chasse dans les jardins des villes italiennes. Un filet était disposé verticalement dans le milieu de la longueur de l’allée et les chasseurs rabattaient les oiseaux attirés par l’eau et les plantes.
Je veux saluer pour finir, les exilés qui religieusement, à chacun de leur retour au pays, viennent revivre leurs souvenirs d’enfance dans ce parc magnifique de 17 hectares en bordure de mer en toute tranquillité car il est interdit à la circulation automobile.
Bibliographie :
Dictionnaire historique des rues de Marseille par Adrien BLES.
Guide de la Direction des Espaces verts et la Direction de la Communication de la Ville de Marseille juin 1999 ;
Guide de la Direction des Parcs et Jardins ;
Florence ZAMMIT Service Documentation marseille-info-plus@mairie-marseille.fr
www.marseille.fr
www.visite-virtuelle.com/marseille/borely.php
folon-art.com/menu.html
fondation.folon@skynet.be
Notes :
[1] Paulin Talabot
Né à Limoges (Hte Vienne) le 18/8/1799. Mort à Paris le 21/3/1885, inhumé à Condat (Cantal). Passionné de mathématiques et de sciences, il entre à Polytechnique à 18 ans. Il participe à de nombreux travaux d’amélioration des houillères de la région d’Alès et de la Grand-Combes (Gard), il envisage une liaison ferroviaire avec Beaucaire. Avec ses frères, il fonde une société d’exploitation des chemins de fer en 1840. Il obtiendra la concession de la ligne Avignon-Marseille, premier tronçon du PLM qu’il prolongera vers Toulon, en échangeant avec la Ville de Marseille, sa propriété Borély contre le Jardin des Plantes des Chartreux.
Son épouse, Marie Anne Savy de Lous, née à St Génès ( Aveyron), décédée à Marseille en son château du Roucas-Blanc à 77 ans le 15 novembre 1890. Le Château et le Parc Talabot de 15 hectares qui dominent la rade de Marseille firent l’objet d’un lotissement résidentiel le 8/6/1931.
[2] docteur Clot-Bey
Antoine Barthélémy CLOT, né à Grenoble le 5/11/1793, fils d’un sergent major du génie.
Dès l’age de 15 ans, travaille à Brignoles chez un barbier. En 1812, sans ressources, il s’oriente vers des études de médecine ; il s’emploie en qualité d’apprenti barbier à Marseille et suit les cours de l’HOTEL-DIEU, devient officier de santé en 1816 ; docteur en médecine et chirurgien en 1820.
En 1825, MEHEMET-ALI, vice-roi d’Egypte, l’appelle au Caire où il crée en 1837, l’école de médecine. Il est honoré du titre de BEY. En 1859, rentré définitivement en France, Clot-Bey s’installe à Marseille et cède en 1861 la plupart de ses pièces de collection à la Ville, pour un prix dérisoire.
Il meurt dans sa bastide de Ste Marthe, traverse Cade, le 28/8/1868. Obsèques en l’église St Vincent de Paul le 30 du même mois. Inhumé au cimetière St Pierre où sa famille élèvera un tombeau d’allure orientale. Commandeur de la Légion d’Honneur.
[3] Hippodrome BORELY
inauguré le 4/11/1910.
Sur cet espace a lieu du 16 au 31/7/1910, le 1er meeting aérien suivi d’un second en octobre 1911.
Pendant la 1ere guerre mondiale, le champ de courses sert d’aérodrome, et ses environs de camp pour les armées d’Orient et d’Extrême Orient. Pendant de longues années, il était interdit de construire des maisons à étages, l’état se réservant le droit d’installer un aérodrome.
Rénovation totale en 1997, deux ans de travaux avec démolition des anciennes tribunes, aménagement de nouvelles pistes de haie de trot et galop ; 2 000 places, architecte Alain Amadéo, inauguration officielle le samedi 11/9/1999. Le quartier est devenu un lieu recherché.
[4] Jean-Michel FOLON
né le 1er mars 1934 à Uccle ( environs de Bruxelles) ;
fait des études d’architecture à La Cambre puis se consacre au dessin.
Il s’essaie en France puis part pour les Etats-Unis en 1960 où ses dessins sont publiés à New-York.
Il continue sa carrière en travaillant et exposant dans toute l’Europe : Paris, Bruxelles, Londres, Venise, Milan, Rome et même ensuite Tokyo.
Eclectique, son art s’étend : peintures, sculptures, décorations murales, vitraux...
Il faut noter que dans ses uvres, il n’y a que des hommes.
1990 : une anthologie de ses aquarelles et gravures est présentée au Metropolitan Museum of Art de New-York.
La fondation FOLON est créée en 2000 non loin de Bruxelles.
