Article paru sur Online Massalia le 18 janvier 2007 par Marius
Le quotidien La Provence mue.
9 janvier 2007 le quotidien La Provence change de format, il devient plus petit et plus coloré.
Depuis quelque temps, les annonces ont préparé le public à ces modifications, aujourd’hui la nouveauté est dans les kiosques.
Le format berlinois du journal a été choisi pour apporter plus de confort de lecture. Deux cahiers et une pagination accrue, l’information se veut plus complète. Nouvelle mise en page avec des couleurs à chaque page, il sera plus agréable à lire.
Le jeu des lecteurs, dès ce matin, est de formuler sa satisfaction ou sa déception.
Alors, exilés, cette info est aussi pour vous, mais ce qui vous intéressera certainement plus, c’est que La Provence envisage pour 2007 un accès payant par internet à sa lecture.
Article paru sur Online Massalia le 15 novembre 2001 par Marius
Amateur de jogging comme d’art céramique, venez découvrir la magnifique propriété dénommée la Campagne Pastré.
La sortie d’un livre "la Campagne Pastré" par Roland Caty, Georges Raynaud, Eliane Richard et Claude Thomas aux Ed Sud vous permettra de connaître son passé.
Itinéraire à suivre :
Vous passez devant les plages du Prado, puis celle de la Pointe Rouge en direction des Goudes. L’entrée du parc est sur votre gauche, peu avant l’église de la Grotte Rolland.
Céline de Beaulincourt-Marle et son époux l’illustre armateur marseillais Eugéne Pastré ( 1806 - 1868 ), issu d’une famille apparentée aux Bonaparte et aux Bernadotte, furent les commanditaires de la batisse édifiée par l’architecte parisien Jean-Charles DANJOY et livrée en 1862.
Cinq générations allaient s’y succéder jusqu’à la comtesse Lily Pastré, née Marie-Louise Double de St Lambert qui protégea dans sa propriété, pendant la guerre de 1940, d’illustres artistes et intellectuels repliés sur Marseille.
Cette comtesse conduisait une voiture décapotable dans les années 70 - 80.
Aujourd’hui le Château abrite le musée de la Faïence qui ne compte pas moins de 1 500 pièces de céramique sur une période de 7 000 ans.
Le parc qui entoure le Château et qui jouxte le centre équestre, est ouvert au public. Nombreux sont les amateurs de jogging le dimanche matin, ainsi que les familles avec leurs poussettes à venir dans les allées sous les arbres ou sur les pelouses.
Article paru sur Online Massalia le 2 février 2002 par Marius
Une des fêtes traditionnelles marseillaises, associée à l’abbaye de Saint-Victor, se déroule à partir du 2 février. Celle de la Chandeleur, encore célébrée avec ferveur, en présence d’un grand nombre de fidèles, dans l’église souterraine. On bénit le feu qui sert à allumer les cierges de cire verte devant la statue de la Vierge Noire : Nostro Domo de Fenaou (Notre-Dame de feu Nouveau).
C’est une statue en bois de noyer, noircie par le temps et attribuée à Saint Luc ; elle date en réalité de la fin du XIIIe siècle.
Tous les ans, le 2 février, vers cinq heures du matin, les rues autour de l’Abbaye Saint-Victor commencent à s’animer.
En bas, sur les eaux noires du Vieux Port, les chalutiers reviennent de la pêche.
Dans l’air, résonne le chant des jeunes venant des aumôneries du centre ville pour assister à la première des messes de la Chandeleur. Elles se succèderont pendant neuf jours de fêtes et de foi. 80 000 pèlerins sont attendus pour célébrer une tradition qui remonte à l’an mil.
La Vierge Noire est portée en procession à travers la foule. De ce pèlerinage, il est d’usage de rentrer chez soi avec un cierge vert et une navette qui protègeront la maison et ses occupants toute l’année.
Ces biscuits en forme de barquette sont fabriqués à quelques pas de là, au Four des Navettes, au coin de la rue Sainte et de la rue d’Endoume. La boulangerie a été fondée en 1781.
La navette est une pâtisserie traditionnelle cylindrique, façonnée en forme de petite barque (navette) de 7 à 8 cm de long créée pour commémorer l’arrivée de Saint-Lazare et des deux "Maries" - Sainte-Marie Magdeleine et Sainte-Marthe - qui mouillèrent à Saintes-Maries-de-la-Mer, en Provence, le 2 février, il y a près de 2000 ans.
Près de l’abbaye de Saint-Victor, dans le coeur de Marseille, le four des navettes n’a pas cessé de cuire cette pâtisserie depuis 1781. Mais quand vient la Chandeleur, le second jour de février, après la procession, tout le monde déguste des navettes. L’archevêque de Marseille bénit une fournée de ces biscuits et le 12 février, la Vierge Noire de l’abbaye fait une apparition dans la dite chapelle.
On les achetait jadis douze par douze, une pour chaque mois de l’année et elles accompagnaient les fameux cierges bénis dont la flamme vacillante protégeait de la foudre mas et bergeries.
Les navettes peuvent être classées dans la catégorie "biscuit". Sans levain, elles se conservent très longtemps dans une boîte de métal bien fermée. Il suffit simplement de les réchauffer avant de les manger.
Ingrédients pour 25 navettes :
500 g de farine
250 g de sucre
75 g de beurre ramolli à la fourchette
3 oeufs + 1 jaune
un peu d’eau de fleur d’oranger
autant d’eau du robinet
1 c. à thé de lait ou d’eau
1 pincée de sel
Préparation :
Dans un bol, mélanger la farine, le sucre et le sel ; former une fontaine ; mettre les oeufs, l’eau de fleur d’oranger et le beurre ; mélanger en versant peu à peu l’eau pour obtenir une pâte un peu ferme ; laisser reposer au frais pendant 1 heure ; séparer la pâte en petites boules de 50 g chacune environ ; rouler pour obtenir une forme ovale ; pincer les deux extrémités pour faire les pointes de barque ; à l’aide d’un couteau, faire un incision profonde sur le dessus dans le sens de la longueur - à la cuisson, la fente va ouvrir pour former l’intérieur de la barque ; déposer sur une tôle à biscuits beurrée et farinée ; laisser reposer à nouveau pendant 2 heures ; battre le jaune d’oeuf avec le lait ou de l’eau ; badigeonner ce mélange sur chaque navette pour les dorer ; cuire à 180º C. (350º F.) jusqu’à ce que les navettes prennent une légère teinte dorée. Vérifier régulièrement car la cuisson est rapide.
Article paru sur Online Massalia le 24 février 2003 par Marius
Je vous invite à une promenade dans un parc superbe.
Quel petit Marseillais n’a pas donné du pain aux canards du PARC BORELY ou circulé en vélo sur les allées que fréquentent un million de Marseillais et de touristes ?
Quelle belle histoire à vous raconter !
Les Borély, originaire du Queyras (Hautes Alpes), s’installent à Marseille fin du XVIe siècle et font fortune dans le négoce ; ils occuperont les plus hautes fonctions municipales.
Le château
Louis BORELY fait construire le château de 1755 à 1760.
Oeuvre de l’architecte parisien Marie-Joseph Peyre, projet modifié et réalisé par l’architecte Esprit Brun. Peintures intérieures de Louis Chaix.
Cette bastide, après être passée par héritage à la famille Panisse-Passis, est vendue à Paulin Talabot [1] qui la cède à la Ville de Marseille.
Le château devint musée de 1863 à 1989, pour abriter la collection d’objets égyptiens du docteur Clot-Bey [2] puis les céramiques grecques et étrusques de la collection Campana ; actuellement cadre d’expositions temporaires consacrées à la peinture provençale.
En 1860 la Ville achète 18 hectares attenant au domaine, afin de construire l’hippodrome. [3]
Le parc, public depuis 1860, fut créé par ALPHAND, ingénieur des Plantations de la Ville de Paris, il confia l’exécution de son projet à BARILLET-DESCHAMPS.
Ses allées, que traversent un jardin à la française dessiné en 1775 par EMBRY et un parc paysager du XIXe siècle, sont très appréciées pour les sorties du week-end en famille, le jogging et les balades en rollers. On peut admirer chaque été (début juillet) le talent des milliers de participants au mondial de pétanque « la Marseillaise ».
Les jets d’eau : ils mettent en valeur la beauté du jardin à la française, avec 2 hectares de parterres devant le bassin et la terrasse du château.
Le jardin botanique: Edouard-Marie HECKEL abrite les travaux de préparation des Espaces Verts de la Ville. Ce médecin, né à Toulon en 1843, est le fondateur de ce jardin botanique et fut l’organisateur de l’exposition coloniale de Marseille en 1906. Le Jardin Botanique fut ouvert en 1913 suite à l’acquisition par la Ville des terrains FOURNIER 14 000 M2 de la campagne Demandolx, situé à l’est du Parc Borély.
Le plan d’eau du Pavillon du Lac et ses canards attirent les enfants et les grands parents avec leur matériel photo ou vidéo.
Les boutiques de location de vélo sont toujours présentes à l’entrée du Parc. Les petits Marseillais du centre ville qui n’avait pas de vélo ont fait leurs premières chutes dans ces allées. Les « Ulysse », engins à quatre roues, promènent toujours les familles.
Un practice de golf avec restaurant est à découvrir par l’entrée Clot-Bey.
La cascade en rocaille, ouvrage monumental créé de toutes pièces lors de l’aménagement du parc vers 1860 a été choisie pour servir d’écrin en 1995, à une oeuvre originale de Jean-Michel Folon [4] « La fontaine aux oiseaux » : Un homme, ses oiseaux et son chat.
Cette sculpture-fontaine en bronze patiné vert- brun de 170 cm de haut, 60 cm de large pèse 120 kg.
JM Folon est particulièrement connu pour son leitmotiv graphique de génériques sur Antenne 2, des petits hommes volants qui saluaient, dans les années 1970, la fin des émissions de la seconde chaîne publique de télévision française.
LA CROIX KATCHKAR : 1992 la Ville d’EREVAN, capitale de l’Arménie offre un monument en tuf rose représentant une croix caractéristique du XIIIe siècle, symbole de la foi et de la civilisation de l’Arménie, premier royaume chrétien an 301. Cette croix magnifique est située entre la cascade et le château.
Diane chasseresse : bronze florentin du XVIIe siècle placé dans la roseraie.
Il représente la déesse romaine de la chasse, il marque l’entrée de la TESE. La tèse évoque des allées plantées spécialement pour la chasse dans les jardins des villes italiennes. Un filet était disposé verticalement dans le milieu de la longueur de l’allée et les chasseurs rabattaient les oiseaux attirés par l’eau et les plantes.
Je veux saluer pour finir, les exilés qui religieusement, à chacun de leur retour au pays, viennent revivre leurs souvenirs d’enfance dans ce parc magnifique de 17 hectares en bordure de mer en toute tranquillité car il est interdit à la circulation automobile.
Bibliographie :
Dictionnaire historique des rues de Marseille par Adrien BLES.
Guide de la Direction des Espaces verts et la Direction de la Communication de la Ville de Marseille juin 1999 ;
Guide de la Direction des Parcs et Jardins ;
Florence ZAMMIT Service Documentation marseille-info-plus@mairie-marseille.fr
www.marseille.fr
www.visite-virtuelle.com/marseille/borely.php
folon-art.com/menu.html
fondation.folon@skynet.be
Notes :
[1] Paulin Talabot
Né à Limoges (Hte Vienne) le 18/8/1799. Mort à Paris le 21/3/1885, inhumé à Condat (Cantal). Passionné de mathématiques et de sciences, il entre à Polytechnique à 18 ans. Il participe à de nombreux travaux d’amélioration des houillères de la région d’Alès et de la Grand-Combes (Gard), il envisage une liaison ferroviaire avec Beaucaire. Avec ses frères, il fonde une société d’exploitation des chemins de fer en 1840. Il obtiendra la concession de la ligne Avignon-Marseille, premier tronçon du PLM qu’il prolongera vers Toulon, en échangeant avec la Ville de Marseille, sa propriété Borély contre le Jardin des Plantes des Chartreux.
Son épouse, Marie Anne Savy de Lous, née à St Génès ( Aveyron), décédée à Marseille en son château du Roucas-Blanc à 77 ans le 15 novembre 1890. Le Château et le Parc Talabot de 15 hectares qui dominent la rade de Marseille firent l’objet d’un lotissement résidentiel le 8/6/1931.
[2] docteur Clot-Bey
Antoine Barthélémy CLOT, né à Grenoble le 5/11/1793, fils d’un sergent major du génie.
Dès l’age de 15 ans, travaille à Brignoles chez un barbier. En 1812, sans ressources, il s’oriente vers des études de médecine ; il s’emploie en qualité d’apprenti barbier à Marseille et suit les cours de l’HOTEL-DIEU, devient officier de santé en 1816 ; docteur en médecine et chirurgien en 1820.
En 1825, MEHEMET-ALI, vice-roi d’Egypte, l’appelle au Caire où il crée en 1837, l’école de médecine. Il est honoré du titre de BEY. En 1859, rentré définitivement en France, Clot-Bey s’installe à Marseille et cède en 1861 la plupart de ses pièces de collection à la Ville, pour un prix dérisoire.
Il meurt dans sa bastide de Ste Marthe, traverse Cade, le 28/8/1868. Obsèques en l’église St Vincent de Paul le 30 du même mois. Inhumé au cimetière St Pierre où sa famille élèvera un tombeau d’allure orientale. Commandeur de la Légion d’Honneur.
[3] Hippodrome BORELY
inauguré le 4/11/1910.
Sur cet espace a lieu du 16 au 31/7/1910, le 1er meeting aérien suivi d’un second en octobre 1911.
Pendant la 1ere guerre mondiale, le champ de courses sert d’aérodrome, et ses environs de camp pour les armées d’Orient et d’Extrême Orient. Pendant de longues années, il était interdit de construire des maisons à étages, l’état se réservant le droit d’installer un aérodrome.
Rénovation totale en 1997, deux ans de travaux avec démolition des anciennes tribunes, aménagement de nouvelles pistes de haie de trot et galop ; 2 000 places, architecte Alain Amadéo, inauguration officielle le samedi 11/9/1999. Le quartier est devenu un lieu recherché.
[4] Jean-Michel FOLON
né le 1er mars 1934 à Uccle ( environs de Bruxelles) ;
fait des études d’architecture à La Cambre puis se consacre au dessin.
Il s’essaie en France puis part pour les Etats-Unis en 1960 où ses dessins sont publiés à New-York.
Il continue sa carrière en travaillant et exposant dans toute l’Europe : Paris, Bruxelles, Londres, Venise, Milan, Rome et même ensuite Tokyo.
Eclectique, son art s’étend : peintures, sculptures, décorations murales, vitraux...
Il faut noter que dans ses uvres, il n’y a que des hommes.
1990 : une anthologie de ses aquarelles et gravures est présentée au Metropolitan Museum of Art de New-York.
La fondation FOLON est créée en 2000 non loin de Bruxelles.
Article paru sur Online Massalia le 14 septembre 2004 par Marius
Sans vouloir re-écrire l’Histoire, je voudrais, par cet article, remercier tous ceux qui ont permis à notre cité d’être libérée.
Libération de Marseille.
6 juin 1944 le premier débarquement en Normandie précède de deux mois et demi une opération similaire en Provence. Les alliés ferment la tenaille pour libérer la France.
16 août 1944 le débarquement allié permet de libérer les villes du Sud.
Sous les ordres du Général de Lattre de Tassigny, Toulon est attaqué le 20 ; les troupes passent par Signes puis Cuges-les-Pins ; descendent le Col de L’Ange où les chars du général Sudre feront le nettoyage. Le QG du Général de Montsabert sera basé à GEMENOS.
Les troupes alliées attaquent Marseille par le Nord (le 24 Septèmes est libre) et par l’Est (St Marcel,la Pomme).
Les allemands occupent ND de la Garde. Le 25, Le Gal de Monsabert et le Gal Sudre organisent l’assaut grace aux chars Sherman et aux tirailleurs algériens.
Deux chars seront touchés et immobilisés : le Jeanne d’Arc et le Jourdan. Le Char « Jeanne d’Arc » est toujours aux pieds de Notre Dame de la Garde au centre de la Place du colonel Edon. Des gerbes ont été déposées pour cet anniversaire de 60 ans.
Témoignage d’un ancien combattant :
« en tant qu’ancien de la 1er cie du 7e tirailleur algérien, j’ai participé aux combats de Libération de Marseille et ceux de ND de la Garde. Le Maréchal des Logis André Kerch, chef du char Jeanne d’Arc, est mort dans l’explosion de son engin avec le Brigadier Guillot et le soldat Clément. Le conducteur Contursi, décédé à Marseille en 2002 et son aide conducteur Riquelme ont survécu à l’explosion. Svp noter que le camp militaire actuel de Carpiagne (entre Cassis et Marseille sur la route de la Gineste) porte le nom d’André Kerch »
signé : Colonel Pascal Susini Marseille 8e arrdt.
Le matin du 28 août 1944, la proclamation du général de Monsabert s’affiche sur les murs :
« Habitants de Marseille, Marseille est définitivement délivrée. »
Le bourdon de Notre-Dame-de-la-Garde entraîne les cloches des Accoules et de toutes les églises.
Dès le lendemain, le général de Monsabert fait don à la basilique de son fanion de voiture : un fanion aux couleurs algériennes ayant fait les campagnes de Tunisie et d’Italie et portant, en maints endroits, des impacts de balles. Un des ex-voto les plus précieux de Notre-Dame de la Garde.
et le 12 septembre 2004 Marseille se souvient
et fête avec 13 jours de retard sa libération 60 ans après.
Article paru sur Online Massalia le 16 novembre 2004 par Marius
Marseille rénove son centre-ville.
Marius a le plaisir de vous faire part de l’installation d’une copie de la belle sculpture Milon de Crotone de Pierre Puget [1] sur le Cours Jean-Ballard.
Marseille possède une copie. Elle était sur l’esplanade Ganay près du Vél ; trois camions avec une grue ont posé la statue sur son nouveau socle.
L’oeuvre représente Milon de Crotone qui était un disciple de Pythagore au Ve siècle. Athlète vainqueur à plusieurs reprises des Jeux Olympiques et des Jeux Pythiques.
Les circonstances de sa mort inspirèrent Pierre Puget :
Milon se promenait en Italie dans une forêt de Calabre à Crotone. Voyant un chêne avec de grandes fentes, il y glissa ses doigts. Pour se prouver sa force, il voulut écarter le bois. Il resta coincé et sera mangé par les loups. Le sculpteur les remplacera par un lion.
La rénovation du cours Jean Ballard sera bientôt terminée avec l’implantation de huit platanes. 2,5 Md’euros étaient prévus pour rénover ce Cours sous la direction de l’architecte Rémy Marciano.
Cours Jean Ballard vous connaissez ? [2]
Vous êtes dans le quartier du Vieux-Port.
Vous quittez la Canebière par la gauche en regardant la mer, vous passez devant « OMCafé » et en regardant la Bonne Mère, vous avez à votre gauche le quartier Opéra et à votre droite le quartier Thiars. Le Cours Jean-Ballard vous permet de quitter le Quai des Belges pour rejoindre la rue Breteuil.
Le canal de la Douane ou canal de Rive-Neuve fut réalisé à partir des bassins de l’ancien Arsenal des Galères lors de leur démolition fin XVIIIe. Il rejoignait, par ses deux extrémités, le bassin du Vieux Port et faisait du quartier Thiars une île.
Le Cours Jean Ballard [3] est l’extrémité située à l’Est.
Certains comparaient ce quartier à un petit Bruges avec ces canaux, mais les odeurs firent vite oublier la beauté du lieu.
Le 14 mai 1926 le Conseil Municipal sous la la présidence de Monsieur Flaissières, Maire, décida de demander à l’Etat de le déclasser pour des raisons de salubrité publique.
Il fut comblé avec les déblais d’immeubles détruits de « derrière la Bourse » de 1923 à 1927.
En 1965, le parking aérien Shell fut construit. Un des accès à cette horrible verrue de béton était sur le cours, cet ensemble fut détruit en 1987 et donna à la Ville une de ses plus belles places à l’italienne.
Notes :
[1] Pierre Puget, né et mort à Marseille (1620 - 1694) ; 3e de 4 garçons d’une famille de 9 enfants, son père est maçon.
Il réalisa pour Louis XIV, l’ uvre originale (270 x 140 x 98 cm) de 1670 à 1684, elle fut placée dans le Parc du Château de Versailles. Elle trône aujourd’hui au Musée du Louvre dans l’aile Richelieu à l’entresol.
(curiosité : il fut l’élève à Rome de Pierre de Cortone qui lui fit l’offre de la main de sa fille, il refusa, en 1643, Puget était de retour à Marseille).
[2] Jean Ballard, né et mort à Marseille 13.11.1893 - 18.6.1973 peseur-juré, fonde avec Marcel Pagnol, « Fortunio » qui deviendra « les Cahiers du Sud ».
[3] Différents noms de ce Cours :
Quai Jean-Ballard (délibération Conseil Municipal 25.5.75)
Quai du Dauphin (fils de Louis XVI),
Quai JJ Rousseau (délibération Conseil Municipal 27 vendémiaire an V)
Quai de Castries (Maréchal de France, ministre de la Marine en 1780)
Quai de Vergennes ministre Aff Etrangères de Louis XVI en 1787
Quai de Breteuil (conseiller d’Etat, a négocié la vente de l’arsenal) en 1800
Quai du Vieux-Port (délibération Conseil Municipal 10.12.29)
Quai du Canal ou quai de la Douane, la direction y avait ses bureaux (1830)
Article paru sur Online Massalia le 20 décembre 2004 par Marius
La grande bibliothèque de Marseille, la plus importante de France, hors Paris, occupe l’ancien emplacement de la célèbre salle de spectacles.
L’Alcazar, Bibliothèque de Marseille à Vocation Régionale (BMVR) a ouvert ses portes le 31 mars 2004 sur le cours Belsunce à l’emplacement du célèbre music hall, créé en 1857 qui projeta de nombreux artistes sous les feux de la rampe.
La première pierre « L’Alcazar, Bibliothèque de Marseille à Vocation Régionale » a été déposée le 30 mars 2000.
Budget total de l’opération :
61 000 000 euros (avec la participation financière de l’État, Ministère de la Culture et de la Communication, du Conseil Régional Provence Alpes Côte d’Azur et du Conseil Général des Bouches du Rhône).
Ils étaient 6 000 à découvrir la BMVR ALCAZAR le 31 mars 2004, jour de l’inauguration, entre 11 et 19 heures et 10 000 les trois jours suivants.
Le 1er samedi après midi, il a fallu, par sécurité, fermer et limiter l’accès du public, vu la saturation dans le grand hall d’accueil. Les files d’attente ont alors débordé sur le Cours Belsunce. Il existerait un public avide de culture à Marseille ?
Des statistiques donnent des indications sur les premières inscriptions :
- 4 personnes sur 5 sont de nouveaux abonnés, jamais inscrits dans une bibliothèque ;
- la moitié des inscrits habitent le quartier alentours ;
- si l’autre moitié vient de Marseille, certains du département, un seul du Var (Brignoles).
Le 1er auteur invité à la BMVR ALCAZAR aura été le plus célèbre auteur chilien contemporain l’écrivain Luis Sepulveda.
Ancien ami du regretté Jean-Claude IZZO, il vit depuis 1996 dans le nord de l’Espagne. Il a partagé sa passion de la défense écologiste de l’Amazonie avec un groupe d’élèves venu visiter la bibliothèque avec leur professeur. Il doit présenter la 1ere conférence de la BMVR ALCAZAR.
DES CHIFFRES :
- Prévision : 10 000 visiteurs jours.
- 350 000 documents en accès libre.
- 700 000 doc en magasin dont 200 000 livres anciens.
- Le bâtiment s’étend sur 20 000 m2 dont 11 000 sur quatre niveaux accessibles au public.
- Frais de fonctionnement : 12 M euros/an.
PRATIQUE :
- BMVR ALCAZAR
- 58 Cours Belsunce 13001 Marseille
- Tél : 04 91 55 90 00 et Fax : 04 91 55 23 44
- Adresse postale : 23 rue de la Providence 13231 Marseille Cedex 1.
- Métro : ligne 1 : stations Vieux-Port et Colbert ; ligne 2 : stations Noailles et Jules Guesde.
- Bus : lignes 7-8-21-31-32-33-34-42-70-89-97.
- Parking payant : Centre Bourse ou place de la Providence.
- attention : interdiction de photographier.
HORAIRES D’OUVERTURE AU PUBLIC :
Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures - Fermé les jours fériés.
CONSULTATION, COMMUNICATION SUR PLACE et RESERVATION :
L’entrée s’effectue par le cours Belsunce.
- Au Rez de Chaussée : accueil, inscription, Kiosque (presse), département musique, département jeunesse (rdc + niveau 1) ;
- niveau 1 : département jeunesse, département société, salle de l’Académie de Marseille, salle d’exposition ;
- niveau 2 : département langues et littératures, département sciences et techniques, département arts et spectacles ;
- niveau 3 : département patrimoine (fonds rares et précieux et documentation régionale), département civilisation, services références (encyclopédies, dictionnaires biographiques), service Lire Autrement (déficients visuels) ;
Quelques missions de la BMVR ALCAZAR :
- dépôt légal national pour la bande dessinée ;
- dépôt régional pour les imprimés publiés en PACA.
La lecture et la consultation des documents en libre accès sont gratuites pour tous dans le respect du règlement.
Une carte gratuite de consultation et réservation est délivrée à l’Accueil sur présentation d’un justificatif d’état civil (CNI, passeport, permis de conduire ou livret de famille pour les enfants).
Elle permet dans chaque département :
- d’obtenir la communication des documents des magasins,
- de réserver des postes Internet,
- d’accéder à la salle des Fonds Rares et Précieux.
Une carte payante d’usager est nécessaire pour emprunter les documents : durée de prêt de 3 semaines, gratuite pour les chomeurs et les moins de 18 ans et autres conditions particulières.
Les emprunts se font à la banque centrale ou aux 5 automates situés derrière les ascenseurs (RdC).
L’inscription d’un montant de 16 euros, est valable un an de date à date, inscription à l’accueil comme ci-dessus.
Une bibliothèque accessible à tous :
Tous les services sont accessibles pour les personnes à mobilité réduite (l’accès de la salle de conférence nécessite un accompagnement pour les personnes en fauteuil).
Pour les déficients visuels :
- bande sonore à l’accueil et bandes de guidage au sol, commande ascenseurs en braille, des annonces vocales.
- trois cabines équipées de matériel informatique adapté pour aveugles et malvoyants (niveau 3).
Pour les déficients auditifs :
- Une boucle magnétique dans la salle de conférences pour les personnes appareillées ;
- Des conférences traduites en langue française des signes ;
- Des stroboscopes d’alerte dans les sanitaires et espaces publics.
1636 : un couvent « Institut des prêtres du Saint-Sacrement » s’installe en dehors de la ville sur le futur Cours Belsunce.
1792 : Vendu comme Bien National, il devint l’Auberge Neuve ou Auberge de St Hommebon et dépôt de marchandises - bureau de transports de la ligne Marseille Aix.
18 octobre 1857 inauguration de « l’Alcazar Lyrique » sur l’emplacement de l’auberge et de l’entrepôt, directeur-propriétaire : Etienne Demolins. Salle de 1 600 places, décorée à l’orientale.
1865 : changement de nom, « l’Alcazar Léon Doux » (nom de son nouveau propriétaire).
1868 : Le nouveau directeur Louis Rouffe spécialise l’Alcazar en théâtre de la pantomine.
24.6.1873 : à la fin de la représentation de « l’Héroïne des Iles Sandwich » (pantomine en 5 actes) le feu se déclare peu avant minuit. Le feu d’artifice de la dernière scène dut mettre le feu qui en 4 h réduisit le bâtiment en cendres. Son directeur Esprit Vital Comy entreprit sa reconstruction immédiatement sous les ordres de l’architecte Siste Rey.
6 mois de travaux pour une inauguration le mercredi 24.12.1873.
20 avril 1889 le directeur Louis Mollaret préside une nouvelle saison.
1890 nouvelle orientation des spectacles : ce sont les "Revues Marseillaises" qui sont à l’affiche. Sketches en français et en provençal-marseillais.
Directeurs successifs :
Casimir Germain, Fernand Bebet, Thomières et Léon Doux
et à partir de 1920 Franck (de son vrai nom Paul-François Esposito).
1931 : le théâtre laisse place au cinéma tout en gardant certaines soirées pour le Music Hall.
1949 : nouveau directeur Ernest Robert-Trebor qui relance les revues marseillaises, opérettes et tours de chants. [1]
13 avril 1964 : faillite.
8 septembre 1965 Jean Renzulli et Albert Feraud, les nouveaux propriétaires lancent les séances de cinéma et des tournées d’artistes étrangers (Israël, Tunisie, Chine).
9 août 1966 : projection du film « Pour qui sonne le glas », ce sera le dernier spectacle dans l’indifférence générale.
1969 nouvel incendie qui détruira les archives de 100 ans dans les sous-sols.
Dix ans passent et la Mairie de Marseille lance le projet de la construction de la Nouvelle Bibliothèque.
Matin d’été 1999 enlèvement de la marquise de 2,5 tonnes pour restauration par les ateliers Henri Carrera fondés en 1847. L’amas de rouille restera dans l’état et une nouvelle marquise, copie fidèle à l’ancienne (fabriquée en 1857), devra être construite.
Post-Scriptum :
Sources :
- Pierre Gallocher : Marseille zig zags dans le passé, P. Tacussel editeur ;
- Revue Trimestrielle Culturelle de Marseille N° 204 de mars 2004.
Notes :
[1] quelques noms d’artistes de 1951 à 1962 :
Reda Caire, Maurice Chevalier, Fernand Sardou, Line Renaud, Dalida, Annie Cordy, Juliette Gréco, Charles Trenet, Tino Rossi, Johnny Halliday, Eddy Mitchell, Vince Taylor, Charles Aznavour, Sacha Distel, Marcel Amont, Henry Salvador, Jacques Brel, Gloria Lasso (8 fois), Dario Moreno, Georges Brassens (7 fois), Sidney Bechet, Lionel Hampton, Petula Clarck, Richard Anthony, des comiques Francis Blanche et Pierre Dac, Pierre-Jean Vaillard, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Fernand Raynaud...puis des matches de catch avec Lino Ventura
Article paru sur Online Massalia le 31 mars 2005 par Marius
La Basilique Notre Dame de la Garde : la Bonne Mère.
Bon Anniversaire.
Pour fêter les 150 ans de la pose de la 1ère pierre, Marseille aura attendu la 151ème année.
Il fallait en finir avec les travaux de rénovation pour dégager le site. Amoureux du site, venez voir la basilique parée de toutes ses belles couleurs.
Symbole même de l’identité marseillaise, Notre Dame de la Garde est affectueusement appelée "la Bonne Mère".
Bâtie sur la colline, la basilique domine la ville à 154 m d’altitude. Les amateurs de photo sont unanimes pour déclarer qu’il n’y a pas meilleur point de vue.
Visiteurs de Marseille, que vous arriviez en bateau, en avion, en train, en voiture, à pied, votre premier clin d’ il sera pour notre Bonne Mère.
En effet, en entrant dans Marseille par mer ou par une des trois autoroutes ou par la gare SNCF St Charles, Notre Dame vous regarde et surplombe la Ville.
Pour vous rendre à la Basilique, le mieux serait de partir du Vieux Port.
Du Ferry Boat devant la Mairie vous prendrez une belle photo de Notre Dame.
Ensuite en voiture ou à pied, suivre les itinéraires fléchés. Il vous sera aussi possible de prendre le bus n°60 de la Ville ou le « petit train » ou le bus à impériale.
Si vous hésitez, demandez votre chemin pour goûter notre accent.
En approchant de la colline, si vous êtes passés par le quartier Vauban, vous traverserez la pinède du Bois-Sacré et vous aurez une pensée pour le défunt funiculaire [1].
Un ascenseur intérieur permet un accès direct à la Basilique.
Dans cette visite, ne pas oublier les ex-voto contre les murs ou pendus.
Cherchez celui de l’OM et celui de Drogba.
Offert le 17 mai 2004 par l’OM et le joueur, le maillot a été accroché fin mars 2005.
Le lundi 17 mai 2004, trois heures avant de s’envoler vers Göteborg pour y disputer la finale de la Coupe UEFA, les Olympiens se rendent à ND de la Garde, comme leurs prédécesseurs en mai 93 avant la finale de Munich. Les milanais étaient eux aussi venus en 91 avant leur Œ de finale au vél.
Nöel Guidicci, gardien de la Basilique et grand supporter de l’OM a proposé au Père Levet d’encadrer le maillot de Drogba et de le suspendre avec les ex-voto.
Il est placé à droite, en rentrant dans la basilique, à côté du fanion triangulaire de l’OM, suffisamment haut pour éviter toute tentative de vol.
Faites ensuite, le tour de la Basilique pour admirer le panorama unique sur Marseille.
Sur la façade comptez les traces de balles de la guerre 39 - 45 (voir l’article "1944 Marseille était libérée. 60 ans déjà")
Achetez un cierge puis descendez à la Crypte (les cierges s’achètent dans la boutique située au niveau supérieur).
La tradition [2]veut que chaque visiteur dépose un cierge dans le four de la Crypte.
Libre à lui de prier dans sa langue ou dans sa religion. Alors n’oubliez pas d’acheter un cierge !
Faites un v u si vous ne connaissez pas de prière.
Vous pouvez demander à la Bonne Mère d’aider l’OM à redevenir un grand ?
Horaires d’ouverture de la basilique et de la crypte : hiver 7h 30 à 17h 30, été 7h à 19h.
HISTORIQUE
Depuis les temps préhistoriques et plus sûrement depuis les romains une vigie existe sur cette hauteur.
Au VIIIe siècle, le lieu portait le nom de Colla Illide, puis au Xe siècle Guardia.
Une ordonnance de Charles II d’Anjou au XVe siècle fait état de la colline de la Garde et y établit un relais. Les signaux étaient effectués par des feux. Le jour avec de la paille hachée et mouillée, la nuit par un feu de bois. Ensuite, les signaux se firent avec des voiles et des drapeaux.
François 1er fait construire le fort du Château d’If pour protéger Marseille des armées de Charles Quint.
Le 22 janvier 1516, le roi monta sur la colline [3] et décida l’édification d’un fort autour de la chapelle (voir la salamandre et les 3 fleurs de lys, emblème de François 1er) au-dessus du porche côté nord.
Sur cette colline plusieurs constructions vont apparaître.
La première en 1214, quand un ermite, maître Pierre, reçoit l’autorisation de Guillaume d’Aligano, abbé de St Victor, de construire sur ce terrain appartenant à l’Abbaye de St Victor.
A partir du XVIe siècle, le lieu de culte s’enrichit des visites des pêcheurs. De cette époque datent les premiers ex-voto déposés par les marins. Avant cette période ils se rendaient à l’autel Notre Dame de la Mer de l’église Notre Dame du Mont.
En 1807 la Chapelle rouvre ses portes après en avoir interdit l’accès durant les années de la Révolution.
Il faut penser à installer une cloche et donc on construit un clocher en 1843. Le bourdon fut fabriqué à Lyon par Gédéon Morel. Transporté sur un chariot, il fut exposé en septembre 1845 à la Plaine St Michel (notre Place Jean Jaurès).
Le 5 octobre, il est béni et baptisé "Marie-Joséphine", pèse 8 234 kg avec un diamètre de 2,40 m pour une hauteur de 2,50 m avec un battant de 300 kg.
L’actuelle basilique est le second chef d’oeuvre d’Espérandieu [4].
Il dessine les plans lors de son troisième séjour à Marseille. Il en a conçu l’idée et choisit l’emplacement à la place de la vieille chapelle datant de François 1° qui tombait en ruines. Il entretient une correspondance importante avec Monseigneur Mazenod [5].
Dans un premier temps, Léon Vaudoyer assiste au conseil d’administration du sanctuaire le 30 décembre 1852, par la suite, c’est Espérandieu (architecte-délégué) qui règle tout.
Sans le savoir vraiment, Espérandieu va construire l’un des monuments les plus célèbres du monde. Le 20e en renommée internationale d’après le London architectural book.
C’est ce que l’on appelle en architecture une construction Polis Éponyme (qui marque une ville).
C’est le monument symbole de Marseille.
La construction durera 5 ans sous la surveillance d’Espérandieu avec trois maîtres maçons Pierraille, Fournier et Fouque. 17O OOO tonnes de matériaux, vingt trois cargaisons de marbres et de porphyre venus d’Italie mais aussi hélas vingt cinq accidents dont sept mortels. 453 ouvriers travailleront en permanence sur ce chantier, un des plus importants de la France du XIX° siècle.
Cinq percements de rues seront nécessaires pour l’accès des matériaux.
Espérandieu a signé cette oeuvre au sol, prés du troisième pilier central de la nef d’un E et d’un D entrecroisés ; la dalle a malheureusement été volée au début du siècle.
Les notes et les plans de la basilique ont été en partie détruits lors de l’incendie interne des archives en 1903.
La 1ere pierre est posée le 11 septembre 1853 par Mgr Mazenod et la consécration le 5 juin 1864 en présence des plus grandes autorités religieuses du moment (renouveau du culte marial).
Inspiration orientale mauresque byzantine, la tour en façade est vantée par le théoricien de l’architecture Alex Copudo.
Le campanile supporte une statue monumentale de la Vierge (plus de 9 mètres) ; elle fut confiée au sculpteur Eugène-Louis Lequesne [6], exécutée en bronze, dorée à la feuille d’or par les ateliers CHRISTOFLE de Paris et mise en place en septembre 1870. Le sculpteur Lequesne a aussi réalisé les deux statues de Pégaze situées sur le toit de l’Opéra Garnier à Paris.
Très vite, les Marseillais vont adopter ce monument en le nommant " la Bonne Mère ".
En 1931, à l’occasion de la fête du couronnement de ND de la Garde, la couronne de l’Enfant Jésus sertie de pierres précieuses fut créée dans les ateliers de la joaillerie REY. Cette maison fut fondée en 1785 comme en témoigne la magnifique céramique conservée au-dessus de l’immeuble 39 de La Canebière.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la colline sert de bastion à l’armée allemande ; elle sera libérée le 25 août 1944.
Le 8 juillet 1947, Charles Wojtyla, étudiant à Rome, a signé le registre des visites de Notre Dame de la Garde, il devint Pape sous le nom de Jean-Paul II.
En 2000, d’importants travaux de rénovation sont entrepris avec une souscription publique de fonds.
Avril 2001 : pose de la 1ere pierre de la restauration par Mgr Bernard Panafieu, Archevêque de Marseille [7].
Le 16 mai 2001, des vandales ont escaladé, de nuit, les échafaudages mis en place pour les travaux de restauration. Ils ont cassé deux des quatre bras des anges et les trOMpettes qu’ils tenaient. Une restauration urgente a eu lieu dans l’année.
25 ouvriers ont remplacé 2 500 pierres vertes. Ce grès de Florence (la pierre de Golfalina) très fragile a été rongé par la pollution. Il avait reculé de 3 cm par rapport aux pierres blanches et on mesurait jusqu’à 8 cm dans le clocher indique Xavier David l’architecte chargé de la rénovation.
Un échafaudage de 110 tonnes permet d’atteindre la tour du clocher. La jupe de plomb de la Vierge sera plaquée d’une fine couche d’or.
Facture de 6,8 M d’euros payée par moitié par des subventions de la Ville de Marseille, du Conseil Général des BdR et de la Région PACA, le reste par plus de 20 000 donateurs particuliers et de nombreuses entreprises (dont l’OM). Une plaque commémorative est scellée à l’entrée de la crypte.
Juillet 2004 les travaux extérieurs de rénovation sont terminés ; les travaux intérieurs concernant la restauration des mosaïques du sol, des murs et des plafonds (3,5 M d’euros) finiront en mai 2005.
NB :La basilique sera totalement fermée au public du 2 janvier au 8 avril 2006 pour permettre le début de travaux de rénovation intérieure. Le chantier vise à restaurer et mettre en valeur les mosaïques du XIXème siècle ornant le choeur de la "Bonne Mère". Le reste du site, dont la crypte, resteront toutefois accessibles durant la fermeture de la basilique.
Mgr Roger Etchegaray [8], actuellement en poste au Vatican, présida les cérémonies de l’anniversaire aux côtés de Mgr Panafieu.
Quelques chiffres :
- ND de la Garde est le monument le plus visité de la ville avec 1 600 000 visiteurs annuels
- Altitude de la colline 147,85m
- Hauteur des remparts 13,15 m
- Hauteur de la Tour 33,80m
- Hauteur du piédestal de la statue 12,50m
- Hauteur de la statue monumentale 9,72m
- Poids de la statue 9.796kg
- Poids du bourdon 8,234 Kg
- Tour du poignet de l’Enfant Jésus 1,10 m
- Dans la Crypte : 20 tonnes de cierges et 250 000 veilleuses sont brûlés par an.
quelques sites à voir :
- Photos de Sami Sarkis sur Marseille
- Photos de Marseille et sa Bonne Mère
- Photos de Philippe Sasso
- Visites en 360° de Marseille
- Marseille ville d’art et d’histoire
- Biographie d’Eugène Mazenod sur le site du Vatican
Post-Scriptum :
Des livres parmi tant d’autres ?
« Notre Dame de la Garde » de José Lenzini et Thierry Garro.
Tout sur l’histoire mouvementée du célèbre funiculaire par le Chapelain actuel de Notre-Dame de la Garde (ordonné prêtre en 1948, Chapelain depuis 1982).
«Marseille, zig-zag dans le pas » Pierre Gallocher, 1984 Paul Tacussel Editeur
Notes :
[1] le funiculaire :
20 millions de visiteurs ont emprunté le funiculaire qui reliait la rue Dragon à Notre Dame.
1er projet en 1881 avec un funiculaire à ballon, 2e projet en 1888 avec un départ du boulevard Gazzino, ce sera le 3e projet qui sera retenu.
La Société Ascenseur ND de la Garde gèrera les travaux réalisés par Forges et Chantiers Méditerranéens sous la direction de l’ingénieur Meslin, chantier de 2 ans 1/2.
Début des travaux : 20 janvier 1890
Sur un plan incliné à 60 % et une longueur de 84 m deux cabines utilisaient un système dit « balance à eau ». On versait 4 tonnes d’eau qui faisait descendre la cabine et monter celle d’en bas. Des pompes remontaient l’eau avec une machine à vapeur de 25 cv.
Date d’ouverture au public : 30 juillet 1882, la montée durait 2 minutes.
Du 14 au 22 octobre 1899 le funiculaire fonctionnera de nuit pour permettre aux Marseillais d’admirer la ville illuminée pour les fêtes du 25e Centenaire de Marseille.
Mr Flaissière, Maire de Marseille, allumera, le 14 octobre, un feu sur la place du départ du funiculaire, signe du début des festivités.
Pour des raisons de sécurité et de coût des rénovations nécessaires le funiculaire terminera sa montée le 11 septembre 1967 à 18 h30.
La démolition de l’ouvrage sera réalisée en mars 1974.
[2] Autre tradition :
en remerciement certains montent à la Vierge à pied de plus ou moins loin ; je connais une Maman qui est ainsi partie pedibus de la Valentine après la réussite universitaire de son fils
[3] Quelques autres visiteurs célèbres :
2.7.1777 Le Comte de Provence, frère de Louis XVI et futur Louis XVIII ;
avril 1793 le duc d’Orléans, Philippe-Egalité et ses deux fils, le prince de Conti et la duchesse de Bourbon y sont emprisonnés ;
1802 puis 1838 Chateaubriand ;
9.9.1860 Napoléon III et l’Impératrice Eugénie assistent à une messe (leur calèche emprunta le cours Bonaparte devenu depuis Cours Pierre-Puget) ;
[4] Jacques Henri ESPERANDIEU 1829 - 1874
ses grandes uvres à Marseille : la construction de la Nouvelle Cathédrale de la Major, le Palais Longchamp et ND de la Garde.
Né à Nîmes le 20 septembre 1829, il meurt le 10 juillet 1874.
Ses obsèques rassembleront" une foule océanique et font " la une " du journal " le Petit Marseillais ". Une procession spéciale eut lieu à Notre Dame de la Garde avec en tête tous les corps du bâtiment de la ville. Les cloches de Marseille se sont toutes mises à sonner à 11 du matin et les bateaux firent retentir leurs sirènes.
[5] Charles-Joseph-Eugène de MAZENOD
né à Aix-en-Provence, le 1er août 1782, décédé le 21 mai 1861. Eugène créa et fut élu supérieur général de la nouvelle congrégation d’"Oblats de Marie Immaculée" que le Pape Léon XII approuvait le 17 février 1826. Mgr Mazenod créa de très nombreuses églises dans Marseille.
[6] Eugène Louis LEQUESNE (Paris 1815- 1887)
Après avoir obtenu un diplôme d’avocat, il entre en 1841 à l’école des Beaux Arts dans l’atelier de James Pradier. Il devint un artiste quasi-officiel exposant au Salon à partir de 1842. Grand prix de Rome en 1844, Grand Prix de sculpture la même année en France lors du Salon. Chevalier de la Légion d’Honneur.
Il exécute des sculptures pour des monuments parisiens : le Louvre, la gare du Nord, le Palais de Justice, "le faune dansant" grandeur nature (2 m) dans le jardin du Luxembourg. Il réalise les deux statues de Pégaze situées sur le toit de l’Opéra Garnier à Paris.
[7] Bernard PANAFIEU
Né le 26 janvier 1931 à Châtellerault (Vienne). Prêtre le 22 avril 1956 pour le diocèse d’Albi, nommé évêque le 18 avril 1974, ordonné évêque le 9 juin 1974, archevêque de Marseille depuis 1995, créé cardinal le 21 octobre 2003.
[8] Roger ETCHEGARAY
né le 25 septembre 1922, dans les Pyrénées à Espelette, Prêtre le 13 juillet 1947 pour le diocèse de Bayonne, nommé évêque le 18 avril 1974, ordonné évêque le 29 mars 1969, archevêque de Marseille le 22 décembre 1970, créé cardinal le 30 juin 1979. En poste au Vatican depuis le 8 avril 1984.
Article paru sur Online Massalia le 7 septembre 2006, par Canaille, Marius
Un escalier ça se monte ou ça se descend, mais l’escalier de la gare St Charles mérite un tout autre regard.
Marius a le plaisir de vous inviter à découvrir une curiosité de Marseille. L’escalier monumental de la gare St Charles est un chef d’oeuvre.
1847 : le percement du tunnel de la Nerthe permet au train d’arriver à Marseille. Plus grand tunnel de l’époque avec 4 638m de long, réalisé par l’ingénieur Paulin Talabot [1]
Jusqu’à cette date les convois circulaient entre Pas de Lanciers et Rognonas et des diligences faisaient la correspondance.
La gare St Charles fut construite sur l’emplacement du cimetière St Charles, elle fut inaugurée le 8 janvier 1848 sous une pluie battante par Mgr de Mazenod, l’archevêque de Marseille. Le lendemain, 21 wagons tractés par deux locomotives sous la conduite de l’ingénieur Paulin Talabot, quittaient la gare pour la Crau enneigée.
St Charles était le terminus du chemin de fer qui venait d’Avignon. Il faudra attendre 10 ans pour voir son prolongement jusqu’à Toulon. Pour complément, PLM construisit la Gare du Prado et le raccord ferroviaire eut lieu le 15 octobre 1877. La ligne Marseille-Aix-en-Provence sera mise en service à la fin de 1877. Une première gare a vu le jour entre 1845 et 1852 sous la conduite de l’ingénieur Talabot. La façade monumentale actuelle date de 1893, modernisation conduite par l’architecte Pangaud.
Pendant la 2e guerre, elle fut bombardée le 27 mai 1944, la restauration prit deux ans en 1945.
Afin de recevoir les services administratifs, un additif, que les marseillais nomment « le camembert », fut ajouté entre 1981 et 1984 au-dessus de l’entrée de la gare côté Université.
En 1983, le métro et un parking complétèrent ces réalisations.
Depuis 2000 de grands travaux sont en cours pour modifier les accès de la gare St Charles et tout le quartier. Euroméditerranée est le maître d’oeuvre de cette révolution architecturale qui devrait durer jusqu’en 2015.
Historique de l’escalier monumental
Les bâtiments du Petit Séminaire séparaient la gare du boulevard d’Athènes. A l’extrémité nord ce cette artère, depuis 1857, la statue de la Vierge Dorée trônait à l’entrée de la propriété. Elle a été transférée en 1922 au Bd Voltaire.
L’Etat achète le Petit Séminaire en 1903 pour en faire une crèche départementale qui déménagea rapidement pour laisser les bâtiments vacants. D’autres sources citent le Petit Séminaire et l’école de Belsunce ou un pensionnat Villeneuve à cet emplacement.
La destruction du collège Belsunce sera effectué en deux tranches par Blanc et Descollas puis par l’entreprise de Démolition Joseph Jordan 143 rue d’Endoume.
L’idée de tout raser, pour créer un escalier monumental, germe vite. Un concours est lancé. D’après une note de la "Revue Municipale n°136 du 2e trimestre 1984, le concours est réservé aux architectes français résidant à Marseille. Le montant des travaux pour l’aménagement de cet escalier est de 4 MF, financé par un emprunt de la Ville de Marseille et d’une surtaxe sur les billets du PLM.
Les travaux d’embellissement représenteront 14% de la dépense totale.
Le projet de Eugène Senès [2] et Léon Arnal [3] est retenu le 3 août 1911.
Hélàs, la guerre éclate, le projet sera repris en 1919. L’exposition coloniale de 1922 serait-elle l’occasion de l’inaugurer ?
Mais entre le projet et le démarrage des travaux ... la 1ere pierre ne sera posée que le 17 juillet 1923 ; suivent deux ans de travaux.
L’ouvrage de l’escalier sera donc signé Eugène Senès et Léon Arnal.
La palissade de protection qui fut édifiée pendant la destruction du collège puis reconstruite pendant les travaux fut l’oeuvre de l’Entreprise L. Gérin Ainé, 26 place d’Aix à Marseille. Elle traita l’opération dont l’Agence Nationale d’Affichage rue Haxo à Marseille, fut adjudicataire.
Principales entreprises :
- maçonnerie : Caillol Marius, 30 bd de Louvain à Marseille ;
- électicité lampadaire en fonte : A.Rebuffat et P. Olive, 9 rue d’Italie à Marseille ;
- serrurerie/ferronnerie : Henri Carrera, 155 rue Breteuil à Marseille [4] ;
- fonderie : Rudier Eugène François, 45 rue de Saintonge à Paris ;
- peinture : Louis Pignatel, 10 rue Lafon à Marseille ;
- les forges d’Alais [5]
L’ensemble des factures est classé aux Archives Municipales. Cet organisme est remarquablement installé dans la friche de la Belle de Mai. Un service de consigne automatique vous permet de laisser téléphone portable et sacs, vous êtes reçus par une hôtesse dans l’entrée de la grande salle de lecture, attenante à une salle pour lecture de micro-fiches. Instructif de lire les factures et les correspondances des architectes pour relancer une entreprise en retard ou contestataire sur l’évolution des prix ou pour demander à la compagnie des tramways d’enlever l’abri-bus et deux poteaux qui bloquent l’avancée des travaux.
C’est à NOEL 1925, plus exactement le 22 décembre qu’une première inauguration avant l’achèvement des travaux eut lieu et que les premiers voyageurs empruntèrent le bel escalier.
Ce sont les sculpteurs Auguste Carli [6] , Louis-François Carli [7] , Louis Botinelly [8] , Ary Bitter [9] , Martin [10] , Henri Reybaud [11] , Annoy [12] , Eichacker [13] , Suau [14] et Gosselin [15] qui réalisent les travaux d’ornementation.
Le 24 avril 1927, le Pdt de la République Gaston Doumergue [16] , aux côtés du Sénateur-Maire de Marseille, le docteur Siméon Flaissières [17] , de André Tardieu [18] , ministre des Travaux Publics, du Préfêt Delfini [19] , inaugura officiellement l’escalier et ensuite le Monument aux Morts d’Orient ( uvre de Gaston Castel [20] ) et le lendemain le Canal du Rove (oeuvre de Paulin Talabot).
Caractéristiques de l’ouvrage :
- Haut de 15,53 m avec 104 marches coupée de 7 paliers ;
- Poids des métaux : 203 T d’acier, 2,6 T de boulons et rivets et 16,6 T de fonte ;
- des factures, classées aux Archives Municipales, de l’entreprise Caillol, indiquent les poids des pierres transportées par SNCF :
- gare de Cassis 307 T pierre de Cassis ;
- gare de Font St Mamert 1 899 T pierre de Lens ;
- gare de Hautecourt-Romaneche (01) 445 T de pierre de Villereversure (Villette-Ain). Les marches de l’escalier proprement dit seront en pierre dure 1er choix de Villereversure et les marches des escaliers des abords en pierre de Cassis ;
- 69 T marbre de Carrare.
- d’autres sources citent aussi des pierres en provenance des carrières de Thoiry 01. [21]
- Le contrôle et la réception des travaux sont de la compétence des bureaux Véritas, 22 rue Colbert à Marseille.
En 1983 le métro et un parking complétèrent ces réalisations.
Sources :
- le livre de Pierre Gallocher « Marseille zig zags dans le passé » P.Tacussel éditeur ;
- Dictionnaire des peintres et sculpteurs de PACA de André Alauzen, Ed Jeanne Laffitte, 1986 ;
- Archives municipales de Marseille (10 rue Clovis Hugues) pour les consultations des revues de Marseille, des microfiches des listes électorales et des actes de naissance ;
- L’escalier monumental de la gare par Emile Isnard (revue municipale : domaine communal, tome IV) ;
- Chroniques de Jean Contrucci publiées dans Le Provençal, Ed Autres Temps 1994 ;
- Anne-Laure RAUCH, Assistante Tourisme Culturel et Urbain Ville de Marseille ;
- Atelier du Patrimoine de la Ville de Marseille ;
- dictionnaire historique des rues de Marseille, Adrien Blès (ED J. Laffitte) ;
- Gaston Castel, architecte marseillais / Musée d’histoire de Marseille B.Biblio. Éditeur : Aix-en-Provence : Edisud Marseille : Musées de Marseille, 1988 ( 46-Cahors : Impr. Tardy Quercy [*2 doc.]
- contributions de Madame Jeanne Mouriès, Messieurs René Roussellier, Fernand Brunet, Henri Carrera.
3 places pour le 26, film réalisé par Jacques Demy en 1988 ;
D’autres films où on voit l’escalier de la gare ou seulement la gare St Charles :
- Le Professionnel (avec Jean-Paul Belmondo), réalisé par Georges Lautner en 1981 ;
- Angèle, réalisé par Marcel Pagnom en 1934 ;
- La Gloire de mon père, réalisé par Yves Robert en 1990 ;
- The French Connection, réalisé par William Friedkin en 1971.
Les photos d’archive nous ont été remises gracieusement par Monsieur Henri Carrera, qu’il en soit remercié vivement.
Notes :
[1] TALABOT Paulin (1799 - 1885)
Né à Limoges le 18 Aout 1799, famille haute bourgeoisie limousine, école Polytechnique à 18 ans, ingénieur Ponts et Chaussées. Réalisa une étude sur le percement du canal de Suez en 1847, conduisit différents travaux sur le réeau ferré, signa la fusion des réseaux Lyon-Marseille et Lyon-Paris et devint le 1er directeur du PLM. Il prit une part considérable à la construction des imeubles du port de la Joliette « les Docks » avec jonction au réseau ferré (1854-64), député du Gard. Après une anesthésie, il devint aveugle. Il décède à 86 ans le 21 mars 1885.
Une rue du quartier Arenc de Marseille porte son nom ainsi qu’une place dans le 8e et une avenue dans son quartier du Roucas Blanc où il avait construit un château.
Un site sur Paulin Talabot
[2] SENES Eugène (1875 - 1960)
École des Beaux-arts, élève de Raulin et Vaudremer. A partir de 1895 il est inspecteur des travaux de Magne. Concours de 1905. Il est chargé de l’Isère, de la Drôme, des Basses- et Hautes-Alpes. En 1919 il est mis en disponibilité. Il s’est attaché plus particulièrement à la restauration de la Grande Chartreuse. Architecte en chef de la ville de Marseille, il est l’auteur du grand escalier de la gare Saint-Charles.
[3] ARNAL Léon Eugène (1880 - 1963)
Né en France à Mouret le 14 juin 1880, décède à Minneapolis (USA) le 23 février 1963.
Il fréquente l’Ecole des Beaux Arts de Marseille 1896-99, puis celle de Paris où il reçoit le 1er prix en architecture en 1910 section Atelier Bernier ; maître-assistant-professeur de l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie 1911-14 puis professeur en architecture à l’Université du Minnesota à Minneapolis 1914-48. http://special.lib.unm.edu/findaid/html/mss/nwaa0004.html
[4] Henri Carrera Père et Fils, maison fondée en 1847, actuellement gérée par le fils. Seule entreprise, ayant travaillé sur l’escalier et encore en activité en 2006. Les bureaux étaient, à l’époque, au 26 rue de la Palud. L’atelier est toujours situé en haut de la rue Breteuil. L’entreprise Carrera a réalisé les rampes et les mains courantes de l’escalier. L’entreprise se fournissait soit aux Acieries de Longwy, soit à Descours et Cabaud, rue de Forbin à Marseille.
Monsieur Carrera a bien voulu nous recevoir dans son atelier. Il nous a parlé longuement de l’amour de son travail et de ses réalisations que nous avons pu voir en photos :
- la marquise de la Bibliothèque Alcazar ;
- la porte de la Préfecture du hall d’Honneur ;
- la porte du Tribunal de Commerce ;
- la porte de l’EDF à la rue Roux de Brignoles ;
- la porte du tri postal à la gare St Charles ;
- les fenêtres de la clinique de Marignane ;
- les fenêtres du batiment administratif de la raffinerie Esso à Fos-sur-Mer ;
- le grand portail de l’usine du barrage de Serre-Ponçon et les grillages de protection ;
- la porte de l’Ecole de L’Air à Salon ;
- les garde-corps de la galerie à l’étage et les fenêtres du Grand Palais de la Foire de Marseille ;
- la marquise des Dames de France, aujourd’hui Galeries Lafayette rue St Férréol à Marseille ;
- les fenêtres et portes de l’hypermarché Casino de la Plage à Marseille ;
- les rampes en aluminium de bâteaux construits à la Seyne ;
- et tant d’autres fenêtres ou portes en alu d’immeubles.
La visite s’est terminée par ce qui peut être considéré comme son trésor : les serrures de grande taille. D’ailleurs, Monsieur Carrera se dit, avant tout, serrurier, nous pouvons ajouter "serrurier d’art".
[5] Les forges d’Alais :
Elles fournissent la structure et la charpente métallique de l’escalier. Information communiquée par Mr René Roussellier, petit-fils de Justin Crespon qui était l’agent général des Mines de charbon de Trélys et de la manufacture des forges d’Alais (ville qui se nomme maintenant Alès dans le Gard). Cette même entreprise livra, aussi, le tablier du pont du Cours Lieutaud 6e arrdt.
[6] CARLI Auguste Honoré (1868 - 1930)
Sculpteur né à Marseille le 2 juillet, fréquente l’Ecole des Beaux Arts de Marseille puis de Paris, 2e Gd Prix de Rome de sculpture. Il ouvre un atelier à Marseille 6 rue Jean Roque 1er arrdt. Il exécute de nombreuses sculptures (à Marseille « la douleur » tombe de Gaby Deslys au cimetière St Pierre, « le commerce et l’industrie » et les sculptures à l’entrée des tunnels et des figures des pylones de l’escalier de la gare St Charles. Il décède à Marseille le 21 janvier 1930.
Une place du 1e arrdt de Marseille porte son nom (anciennement pl de la Bibliothèque)
[7] CARLI Louis-François (11.4.1872 - 19.12.1957)
Sculpteur né à Marseille, Médaille au Salon des Artistes Français, professeur Ecole des Beaux Arts de Marseille, a réalisé des travaux sur les escaliers de la gare ST Charles
[8] BOTINELLY Louis, Marcel (1883 - 1962)
Sculpteur né à Digne (05) le 26 janvier. D’un père tailleur de pierres originaire du Tessin (Suisse), il fréquente l’ Ecole des Beaux Arts de Marseille. Après avoir créé un atelier à Marseille, il monte à Paris. Il reviendra à Marseille ouvrir un atelier au 14 rue Buffon 4e arrdt. Il décède le 28 mars 1962 et sera enterré au cimetière de Plan de Cuques.
Il exécute de nombreuses sculptures (la Pieta à Montmartre, les 4 statues de 7 m de hauteur à Santiago du Chili, un monument à la gloire de Puget à l’Ile de Bendor 83 et à Marseille la Jeanne d’Arc devant l’église des Réformés en haut de la Canebière, « le dresseur d’ourson » à la place St Laurent 2e arrdt et « les Colonies » sur l’escalier de la gare St Charles).
Une rue du 4e arrdt de Marseille porte son nom (anciennement bd du chemin de fer).
[9] BITTER Ary Jean Léon (1883 - 1973)
Sculpteur né à Marseille le 29 mai 1883,domicilié à Paris, décès à Paris le 14 juin 1973 ; Ecole des Beaux Arts de Marseille puis Ecole Nationale des Beaux Arts ; il obtient le prix Chenavard. Il travaille aussi bien la pierre que le bronze ou la terre cuite.
Il exécute à Marseille les deux lions sur l’escalier de la gare St Charles. Il réalise des monuments aux Morts pour les cimetières de St Jérôme et de St Louis ainsi que des sculptures pour le cimetière de Sanary 83 et de Cambo-les-Bains 64.
[10] MARTIN Henri ou André ( )
Sculpteur né à Marseille
Professeur à l’école des Beaux Arts à Marseille, réalise six grands cartouches sur frise du soubassement et les écussons des villes du département, ainsi que l’ornementation des pylônes de l’escalier de la gare St Charles. Il est considéré comme le bras droit de Carli.
[11] REYBAUD ou RAYBAUD Henri Charles
Sculpteur né à Marseille en 1871, décédé ?
Elève boursier à Paris de l’Ecole Nationale des Beaux Arts.
Il exécute de nombreuses sculptures à Marseille.
Sur l’escalier de la gare St Charles,six motifs en bronze, représentant les produits de Provence (fleurs, fruits, peche, chasse, moisson, vendanges), des hauts reliefs de l’escalier de l’Opéra de Marseille 1923, monuments aux morts d’Aubagne 1922, des Cadeneaux 1921 en collaboration avec Gaston Castel. Il fut professeur à l’Ecole des Beaux Arts de Marseille.
[12] ANNOY ou ANNOI Alphonse Marius Fortuné (1876 - ? )
Sculpteur né à Marseille le 22 avril 1876.
Il réalise l’ornementation des socles des lions, des groupes des colonies et les vases sur l’escalier de la gare St Charles ; auteur du décor de façade du Palais de l’Automobile (Mattéi) au Prado en 1924-25.
[13] EICHACKER ou EISHAKER Oscar Edouard Jules (24.1.1881 - 23.6.1961)
Sculpteur né à Marseille, décède en se baignant.
élève de l’écolde des Beaux Arts de Marseille puis de Paris, il expose à Marseille en 1919, il réalise en 1924 pour le hall d’entrée de l’Opéra de Marseille la frise en pleine pierre, le monument Jean-Jaurès à Istres en 1932 et en 1951 le monument d’Henri Tasso, Maire de Marseille. Les vases d’amortissement en pierre de Lens sont son oeuvre sur l’escalier de la gare St Charles. Il réalisera des sculptures à l’Opéra de Marseille.
[14] SUAU Louis (6.5.1879 - ? )
Sculpteur né à Marseille
Il réalise les écussons sur les balustrades et les plaques d’inscription des pylônes sur l’escalier de la gare St Charles.
[15] GOSSELIN Eugène Joseph Marie ( 10.2.1884 - ? )
Sculpteur né à Marseille
Il exécute sur l’escalier de la gare les stalactites, les socles entre les balustrades, les vases et les enfants. Il réalisera des sculptures pour le château de Madrid à Neuilly.
[16] DOUMERGUE Gaston (1863 - 1937)
Né à Aigues-Vives 30,
Pdt du Conseil 1913, Pdt du Sénat 1923 et Pdt République 13.6.1924 pour 7 ans.
[17] Dr FLAISSIERES Siméon (25.3.1851 - 26.3.1931)
Né à Villeveyrac (34), décède à Marseille.
Sénateur-Maire de Marseille
Ce médecin (surnommé le médecin des pauvres)s’installe à Endoume en 1881, élu conseiller municipal en 1884, il devient en 1892 le premier maire socialiste de Marseille. Il sera sénateur en 1906 et 1912.
Durant ses 22 ans de règne tronçonnés en plusieurs segments, son nom reste attaché à l’exposition coloniale de 1922.
Très aimé par ces concitoyens, le Maire a reçu un cadeau original lors de cette inauguration. Le syndicat des pâtissiers avait fait exécuter une grande pièce montée à l’image de l’escalier. Après avoir remercié, le Maire demanda que ce cadeau soit remis aux enfants malades de l’hôpital.
[18] TARDIEU André, Pierre Gabriel (1876 - 1945)
né à Paris, ministre des Régions en 1920, puis ministre des Travaux Publics en 1923 et Pdt du Conseil en 1930.
[19] DELFINI Hilaire( )
Né à
Préfêt des BdRh du 30.1.1925 à 1930.
[20] CASTEL Gaston (1886 - 1971 )
Né à Pertuis le 1er août 1886, décède à Marseille le 7 février 1971, fils d’un entrepreneur en maçonnerie, premier élève de l’école d’architecture de Marseille, architecte en chef des Bouches du Rhone, 1922-1941
Il réalise avec Ebrard et Raymond la reconstruction en 1924 de l’Opéra de Marseille détruit en 1919 par le grand incendie ; 1927, sur la Corniche face au Vallon des Auffes le monument national aux Héros de l’Armée d’Orient ; 1931 la prison des Baumettes ; 1952 les immeubles de la rue de la Loge (derrière la Mairie), reconstruction du quartier détruit par les Allemands. L’architecte Fernand Pouillon associé à René EGGER réalisant les immeubles en facade du Vieux-Port.
1961 il succède à Eugène Castel à l’Académie de Marseille.
Une rue du 14e arrdt dans la ZAC de Saumaty de Marseille porte son nom.
[21] Mr Fernand BRUNET de Marseille nous précise :
Comme je vous l’avais promis, je vous rends compte des entretiens que j’ai pu avoir à Thoiry (15 km au nord-ouest de Genève). Nous sommes très amis avec la famille BOSSET, propriétaire des carrières de THOIRY. Leurs descendants m’ont confirmé que de tout temps, ils ont entendu que les pierres des escaliers de la gare St Charles venaient bien de leur carrière comme les escaliers du Palais de la Société des Nations à Genève devenu depuis l’ONU.
Au début du 20è siecle, les voies de chemin de fer n’étaient surement pas toutes posées et ce doit être par le Rhône que les pierres ont été transportées à Villereversure qui devait être la gare la plus proche en activité.
